vendredi 20 mai 2022

Plagiat

Nouvelle technique de plagiat! Soyez attentifs! Gare au plagiat à l’heure du dîner!

Si un élève prend l’heure du dîner pour refaire son examen, il peut dîner en même temps. Sauf si son repas est copieux.



jeudi 19 mai 2022

Mes cheveux

Quand on est roux, on se fait parler de ses cheveux à peu près tous les jours. Quand on laisse pousser ses cheveux, on s’en fait parler souvent aussi, mais surtout par les gens qu’on n’a pas vu depuis longtemps, un peu comme la visite quand on était enfant : « Hon! T’as donc bien grandi! ». Dire que le small talk des gens normaux tourne autour de la météo…

J’ai les cheveux roux à cause du hasard de la génétique et j’ai les cheveux longs un peu à cause de la pandémie.

En 2011, dans le cadre d’une activité parascolaire, nous avions visité les studios de Radio-Canada et nous avions assisté au tournage de l’émission Tout le monde en parle. Je me souviens d’un invité, un élève du secondaire qui organisait une grande marche à Montréal contre l’intimidation. Ce soir-là, il y avait dans la foule deux roux et l’animateur de foule, durant la pause a eu la brillante idée d’aller interviewer les deux roux de la place pour parler d’intimidation.

-      Vous les gars, avez-vous été victimes d’intimidation quand vous étiez ados?

C’est l’autre qui a commencé. Heureusement pour moi. Il avait été victime d’intimidation et ça avait brisé une partie de son adolescence. Il a raconté quelques anecdotes où il se faisait dire « Hey le roux! » par des gens de son école et ça l’a amené à s’isoler. L’animateur de foule lui a demandé s’il avait des solutions et ce dernier avait répondu qu’on devait sensibiliser les gens afin de stopper l’intimidation sur la planète.

La pause publicitaire s’est terminée, alors l’animateur de foule n’a pas eu le temps de venir me questionner. Il aurait probablement été déçu d’apprendre qu’à l’adolescence, je n’ai jamais vraiment été victime d’intimidation. Me faire dire « Hey le roux! », ça arrivait chaque jour, mais je pense que l’éducation que j’ai reçue m’a appris à développer un bon sens de l’humour et de l’autodérision. Quand quelqu’un me lançait une blague sur les roux, si vulgaire soit-elle, je répliquais avec une blague encore pire et plus vulgaire que celle qu’on venait d’entendre. Pour vrai, j’ai vu des intimidateurs complètement déboussolés face à ce que je racontais.

Comme je m’impliquais dans plein d’activité parascolaire, j’avais un cercle d’ami assez solide et diversifié et je pense bien humblement que j’ai su leur démontrer que ma gentillesse et mon énergie comique éclipsaient la couleur de mes cheveux.

Imaginez si mon homologue dans la foule de Tout le monde en parle avait été victime du cancer. Est-ce que sa solution aurait été de sensibiliser les gens afin de stopper le cancer sur la planète? Bien qu’elle aurait été de très bonne foi, cette solution n’est pas la bonne et tient un peu de la pensée magique. Dans les deux cas, on doit faire appel aux experts et à la science. On doit sensibiliser les gens, oui, mais aux actions que ceux-ci peuvent poser individuellement et collectivement pour atténuer et éventuellement guérir.

L’intimidation, on réussira à la dompter le jour où on apprendra à vivre avec elle. À cet égard, je crois qu’on doit s’inspirer de la résilience et du courage qu’ont les personnes qui vivent avec la maladie. Si le hasard de la génétique a fait en sorte que mes cheveux soient roux, je peux me considérer vraiment chanceux, car le hasard de la génétique n’a pas un très bon esprit de discernement…

Depuis que j’enseigne, je me rends compte qu’une des qualités que j’apprécie le plus chez un élève, c’est sa capacité d’adaptation. Sa capacité de compréhension que ses enseignants ont des personnalités et des méthodes d’enseignement différentes et que ça explique pourquoi il y en a un qui exige de faire toutes ses démarches au crayon à mine et que l’autre exige de faire un propre à l’encre bleue. Sa capacité de mettre sur pause ses soucis personnels pour apprendre à trouver les abscisses à l’origine de la fonction quadratique. Sa capacité de se faire dire que finalement l’examen ne pourra pas avoir lieu mardi parce qu’il y a un imprévu. Sa capacité de comprendre que son enseignant n’a pas eu le temps de corriger son examen… Sa capacité d’attendre sans rouspéter que la cloche sonne pour utiliser son cellulaire…

Tout compte fait, c’est pour ça que j’ai un immense respect pour la résilience qu’ont les personnes atteintes d’un cancer et j’ai envie de leur dire « courage » à ma façon, parce qu’on ne peut pas sensibiliser la population à stopper le cancer sur la planète, mais on peut la sensibiliser à l’importance de la recherche clinique. Que grâce à des dons, « on peut mettre en place des moyens concrets pour survivre au choc du diagnostic, on peut diminuer la souffrance physique et psychologique, on peut briser l’isolement, contribuer au bien-être et qu’on peut apporter une aide financière au moment où les familles en ont besoin »[1].

Pour toutes ces raisons, j’ai accepté qu’on parle encore et toujours de mes cheveux d’Ed Sheeran et je participerai avec grande fierté au défi tête rasée de Leucan le 3 juin prochain organisé à mon école, l’école secondaire du Versant.

C’est donc avec mon énergie comique que je vous demande gentiment de m’encourager à éclipser mes cheveux en faisant un don ici pour Leucan :  http://www.webleucan.com/ahdionne 

P.S. Pour celles et ceux qui sont victimes d’intimidation, je ne vous oublie pas. Des moyens concrets existent aussi pour apprendre à y faire face.



Évolution technologique...

L'information qui suit n'a pas été vérifiée et a été écrit pour faire rire...

Le prochain iPhone serait, selon les rumeurs, résistant à la lave, mais malheureusement, il ne sera plus possible de faire d’appels sans acheter le nouveau iTalk Bluetooth qu’on doit s’enfoncer dans le creux de la molaire inférieure droite.



mercredi 18 mai 2022

Un jeu de mot par heure...

Un jeu de mot par heure t'éloigne du docteur... 

J’suis sorti de la douche en écoutant Breakfast in America et j’étais Supertramp…



mardi 17 mai 2022

Jogging

J'avais écrit ça cet été : 

Pensée impure : Quand tu admets publiquement avoir un problème de santé mentale, tu te rends compte que dans la vie, il y a deux types de personnes. Celles qui ont de l’empathie et celles qui te disent : « As-tu pensé faire du jogging? ». 



lundi 16 mai 2022

Castagnettes

 Sur un groupe Facebook, il y a quelques mois, quelqu’un a posé une question de groupe qui ressemble grosso modo à ceci :

« Lorsque vos élèves ont terminé l’ensemble du travail à faire en classe et qu’ils ont du temps de libre, les laissez-vous utiliser leur téléphone cellulaire? »

Puis, je me suis amusé à remplacer le terme « téléphone cellulaire » par d’autres objets. L’objectif initial était de faire rire, mais la preuve par l’absurde fait quand même réfléchir.

Voici ma réponse :

« Si les élèves avaient tous des castagnettes dans leurs poches et qu'ils avaient 5 minutes de libres à la fin d'une période, on ne se poserait même pas la question : "Lorsque vos élèves ont terminé l’ensemble du travail à faire en classe et qu’ils ont du temps de libre, les laissez-vous utiliser leurs castagnettes? ».

Même si des études démontraient que les castagnettes aident la concentration des élèves en difficulté.

Même si des études démontraient que les castagnettes aident les élèves à développer un rythme et par la bande, les aident en mathématique.

Un passe-temps ne doit pas nuire aux autres élèves. Tout simplement. L'élève qui voit ou entend son voisin en train de jouer avec ses castagnettes devient moins efficace dans son travail ou le bâcle.

Il y a des moments pour tout! Même pour jouer avec des castagnettes! »

Puis je me suis amusé à transposer les commentaires laissés par les autres membres du groupe :

·         Au premier cycle, pas de castagnettes en classe.

·         Je suis d’avis que les élèves doivent apprendre à combler leur temps autrement que par les castagnettes!

·         Dans un but pédagogique, oui. Par exemple, un élève avait un rythme à apprendre en musique. Quatrième secondaire par contre. Si l’élève joue des chansons ou est en train d’envoyer des messages en code morse, c’est non. C’est un privilège que j’accorde de temps en temps et qui peut se perdre s’ils me prennent pour une valise.

·         Ils doivent laisser leurs castagnettes sur mon bureau lorsqu’ils doivent sortir pour aller aux toilettes. Parfois, l’envie se perd suite à cette demande.




dimanche 15 mai 2022

Ni clair, ni blafard

Vous connaissez cette drôle d’impression qu’on a lorsqu’on sort d’un spectacle où la musique était un peu trop forte? On s’est laissé bercé le temps d’une chanson, on s’est fait brasser le temps d’une autre puis on a été ébloui par les éclairages. Ça fait tellement longtemps que je n’ai pas assisté à un spectacle de musique, mais là n’est pas le propos. Quand le spectacle se termine, la musique s’arrête, l’éclairage normal de la salle s’ouvre et malgré le silence en pleine dichotomie avec la musique qui le précédait d’à peine quelques secondes, ça chante encore dans notre tête, ça nous berce et ça nous bouscule encore.

Quand on était enfant, on utilisait la balançoire rudimentaire du pneu accrochée à une chaîne de métal pour simplement tourner. On tournait, tournait et tournait encore puis on demandait à un ami d’arrêter la balançoire brusquement. Immobiles, on tournait encore dans notre tête. C’est comme si notre corps refusait d’arrêter brusquement de vivre quelque chose.

Parfois, je garde cette impression encore pendant des heures après un spectacle. C’est généralement agréable, mais pas toujours. Comme un fâcheux retour de balancier qui nous rappelle que la magie est terminée et que ce qui nous entoure est éclairé par des néons ni clairs ni blafards… juste insipides. Comme si le monde imaginaire coloré dans lequel on avait été transporté s’était transformé drastiquement en parking sous-terrain.

Œuvrer en éducation me contraint souvent à être placé au beau milieu d’une énorme flaque d’opinions, de ragots et de commérages. Empilés les uns sur les autres, je n’arrive plus à percevoir leurs subtilités et ils se transforment en une sorte de gloussement continu. Comme lorsqu’on place l’aiguille d’une vieille radio entre deux postes et que ça griche. Chercher le silence au milieu du poulailler pour mieux réfléchir.

Quand le silence arrive enfin, que ce soit dans ma voiture ou devant la feuille blanche, ça continue de caqueter entre mes oreilles. À force de meubler le silence avec des opinions instantanées, je crains que ma tête refuse d’arrêter brusquement de les entendre…