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jeudi 15 novembre 2018

Méthode pour brancher une clé USB

Pour entrer une clé USB dans un ordinateur, la méthode est simple :

1. Entrez la clé USB du côté que vous préférez. Ça ne fonctionnera pas.

2. Faites pivoter la clé USB et tentez à nouveau de la brancher. Ça ne fonctionnera pas plus.

3. Faites pivoter la clé USB à nouveau du côté que vous aviez choisi initialement et ça fonctionnera.

C’est si simple!

mercredi 3 octobre 2018

Je ne suis pas un robot

Cher Internet,

Je ne suis pas un robot.

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C'est confirmé.

Plus la peine de me faire repérer des voitures ou des noms de rue dans des images floues.

Plus la peine de me faire écrire des chiffres et des lettres tordues et inversées.

Je ne suis pas un robot.

Tu connais mes goûts, tu m’envoies des publicités personnalisées, tu me suis constamment en me géolocalisant, tu lis mes courriels, tu sais probablement combien d’argent il y a dans mon compte de banque, tu m’avertis quand je reçois un colis par la poste, tu sais où j’habite, tu connais l’ensemble de mon réseau d’amis, tu sais où je travaille, tu sais qui sont mes collègues, tu me rappelles des souvenirs grâce à ce que j’ai publié il y a huit ans, tu connais par cœur la date d’anniversaire de toutes mes connaissances, tu connais mes goûts musicaux, télévisuels et cinématographiques, tu connais ceux de mes amis et tu me proposes de regarder ce qu’ils ont apprécié…

Alors, non, effectivement, je ne suis pas un robot. Et je trouve ça colossalement insidieux de ta part de me faire croire que tu vérifies si je suis une machine, sachant tout ce que tu connais de moi.

Cordialement,

Anthony

mercredi 15 mars 2017

Juste attendre

Voici ce qu’écrivait Line Raymond, enseignante en mathématique au Cégep il y a quelques semaines : « Quand il faut sans cesse ramener à l'ordre une classe, c'est que soit les étudiants ont compris et qu'ils s'ennuient, soit qu'ils se moquent du cours et qu'ils s'amusent. Y a rien comme une évaluation pour en connaître la réponse. »

Je ne sais pas trop comment vous présenter Line, puisqu’à la base, c’est une ancienne prof… Mais je n’aime pas la présenter comme ça puisqu’elle m’a enseigné le calcul avancé en 2002 pendant 15 semaines. Pendant ces mêmes 15 semaines, elle m’a aussi accompagné, avec son collègue maintenant retraité François Laflèche dans mon projet intégrateur de fin de session. Grâce aux magies de la technologie, on a gardé contact et avec les années on a discuté musique, pédagogie, drôleries, on a blogué, on a même composé une chanson! On a tenté d’écrire une nouvelle littéraire sous forme de cadavre exquis et on a abandonné le projet. Elle m’a fait lire Normand Baillargeon. Tout ça depuis 2002. Je ne renie pas les 15 semaines où elle m’a enseigné, mais je retiens beaucoup plus des 15 années qui ont suivies.

Bref, on se situe quelque part entre des amis qui ne se voient jamais et de très bons collègues qui ne travaillent pas ensemble!

Bon, maintenant que les présentations sont faites, je reviens à ça : « Quand il faut sans cesse ramener à l'ordre une classe, c'est que soit les étudiants ont compris et qu'ils s'ennuient, soit qu'ils se moquent du cours et qu'ils s'amusent. Y a rien comme une évaluation pour en connaître la réponse. »

Cette réflexion me revient constamment en tête depuis, je crois, mon premier mois d’enseignement : et si les élèves qui dérangent, au fond, étaient lassés de mes longues explications parce qu’ils ont déjà compris? Je crois que le fait d’enseigner l’informatique cette année – une nouvelle matière pour moi – m’a permis de répondre partiellement à cette question.

Nous avons commencé à programmer des pages en HTML. Le code est assez simple, mais j’y vais lentement afin de m’assurer que les élèves comprennent comment ça fonctionne. J’utilise une méthode de travail pratique que j’ai calquée sur… les cours en design graphique que j’ai suivis. Quand j’apprenais à utiliser le logiciel Photoshop, au début, je trouvais ça long : les exercices pratiques étaient très, très, très faciles. Je voyais mes voisins de classe, dix ans plus jeunes, surfer sur Facebook pendant ce temps et je me disais qu’ils étaient probablement très doués. Par leur attitude nonchalante, ils réussissaient à rayonner auprès des autres! Quelques cours plus tard, alors que c’était plus difficile, ils se sont mis au travail et avaient du mal à suivre. Sans vouloir me vanter, de mon côté, j’avais réussi à garder le rythme.

Dans le cours que je donne, j’ai expliqué la semaine dernière comment programmer des tableaux en HTML : comment fusionner des cellules, comment faire une ligne d’en-tête, comment fusionner des colonnes, etc. Pendant ce temps, je voyais des élèves faire autre chose, mais tout de même en approfondissant leurs connaissances dans le domaine, ce que je trouve tout de même remarquable! Pendant que j’enseigne la programmation des tableaux, eux vont fouiller sur le langage CSS et JavaScript, c’est fort! Ça ne m’arrive pratiquement jamais en mathématique. Jamais un élève ne faisait des recherches sur les séries de Fourrier alors que j’enseignais comment faire la preuve de la formule des zéros de la fonction quadratique!

Non. En mathématique, j’ai compris que dès qu’un problème prend plus que trois étapes de résolution, même si on l’enseigne, même si on leur fait découvrir, même si on le fait enseigner par les pairs, quand arrive le temps de corriger le problème afin de vérifier si toute la démarche est bonne, la moitié de la classe a perdu l’attention. Peut-être plus.

Ça parle. On ramène à l’ordre. Ça rit. On ramène à l’ordre. Ça chiale. On fait une blague, puis on ramène à l’ordre. Ça lance un avion en papier. On ne fait pas de blague, on est insulté, puis on ramène à l’ordre. Ça se lève pendant qu’on est en train de donner les dernières instructions du cours, juste avant que ça sonne… On est insulté, on compare le groupe à un troupeau de vaches puis on ramène à l’ordre.

Personnellement, je me sens souvent insulté lorsque je ramène à l’ordre des élèves qui ont l’âge d’avoir des responsabilités d’adultes. Ça, c’est un autre sujet.

Ensuite, on fait une évaluation. En informatique, c’est frappant! Les élèves qui semblaient se débrouiller le mieux échouent en théorie… Et de la théorie à choix de réponse toute bête en plus! En mathématique, c’est difficile de nuancer, puisque souvent, l’élève qui n’a pas compris aura laissé une page blanche.

Alors… ces élèves qu’on ramène à l’ordre, ce sont des doués ou des loques?

Voici ma conclusion toute simple : ce sont des personnes qui n’ont jamais appris à être patientes.

C’est tout.

Ils n’ont jamais appris à attendre en ligne sans se divertir avec leur téléphone intelligent.

Ils n’ont jamais appris à faire un voyage en voiture sans regarder de film.

Ils n’ont jamais appris à regarder les éclairs dehors lors d’une panne d’électricité.

Ils n’ont jamais appris à laisser murir une idée. Parce qu’une idée, en 2017, il faut la dire tout de suite, car celui qui parle le plus rapidement a généralement le dernier mot! Comme si la répartie primait sur la réflexion…

Ils n’ont jamais appris à attendre.

Juste attendre.

Attendre en écoutant le fil des idées. En se questionnant. En se remettant en question. En se rappelant. Laisser notre mijoteuse cervicale à cuisson lente pendant des heures. Laisser braiser les idées à feu doux.

Est-ce générationnel? Pas du tout. Il y a un paquet d’X et de baby-boomer comme ça… Ils ont tous en commun le fait de ne pas avoir appris à être patients. Les X impatients n’ont jamais appris à finir les jeux vidéo sur Nintendo sans utiliser de codes qu’ils trouvaient dans des revues spécialisées et les boomers impatients n’ont jamais appris à attendre que la ligne soit pointillée avant de dépasser sur l’autoroute.

Ce qui est peut-être générationnel, c’est le fait de ne pas constater qu’être impatient, ce n’est pas trop poli et ça manque un peu de décorum.

La prochaine question : comment est-ce que ça s’enseigne, être patient?

dimanche 8 janvier 2017

Apprivoiser la techno en classe – mes observations

On pouvait lire ce samedi cet article sur l’utilisation des technologies en classe dans Le Devoir : http://www.ledevoir.com/societe/education/488630/apprivoiser-la-techno-dans-la-classe. Cette année, j’ai la chance d’enseigner un cours d’informatique monté sur mesure pour mes élèves de cinquième secondaire et la lecture de cette rencontre avec M. Ron Canuel, président de l’Association canadienne d’éducation, m’a donné envie de présenter mes observations (qui n’ont rien de scientifique et se basent sur un trop petit échantillon pour être prises comme étant une vérité) en ce qui a trait aux compétences de mes élèves avec les technologies.

Utilisation en classe depuis le primaire

Je demande souvent à mes élèves comment ils ont utilisé les technologies dans le passé. Il faut dire que la majorité du temps, c’est l’enseignant qui utilise les technologies (et en ce qui concerne les cours de mathématique que je donne, je peux confirmer cette affirmation). Les rares élèves qui ont utilisé une tablette au primaire (notons ici que mes élèves étaient au primaire entre 2006 et 2012) ne l’utilisaient que pour des tâches simples : par exemple, en mathématique, ils ont utilisé la fonction « calculatrice ». En français, ils ont utilisé la tablette pour faire de l’analyse de texte : en utilisant des couleurs différentes, ils peuvent souligner les types de mots (les verbes, les déterminants, les adverbes, etc.) à titre d’exemple. http://ici.radio-canada.ca/nouvelle/807209/tablette-ecole-ecole-primaire-arpege-ipad
À peu près tous les élèves qui ont utilisé la tablette en classe l’ont toujours fait à l’aide une application très spécifique à la fois. Comme si chaque apprentissage nécessitait une application différente. À trop morceler les apprentissages, on n’enseigne à ces élèves aucune nouvelle connaissance : d’enseigner les rudiments de la phrase avec l’application « Phrase plus! »  n’ajoute pas de nouvel apprentissage technologique par rapport à enseigner les rudiments de la phrase avec un papier et un crayon. En fait, les connaissances acquises lors de l’utilisation d’une tablette ou  d’un ordinateur sont très rarement technologiques : ils ont rarement appris, à titre d’exemple, à personnaliser leur environnement de travail afin qu’il soit plus efficace pour eux, à utiliser les raccourcis clavier de telle ou telle application, et à mon avis le plus important : à ordonner des fichiers et des dossiers!
Notons d’ailleurs que ces apprentissages se situent uniquement dans les premiers niveaux de la taxonomie de Bloom https://fr.wikipedia.org/wiki/Taxonomie_de_Bloom. Les apprentissages sont donc souvent des apprentissages de surface (que je trouve, malgré le fait qu’on pourrait faire davantage, essentiels).

Le Mozart du VHS

Les apprentissages faits avec la technologie au primaire faussent à mon avis l’interprétation qu’ont les élèves de leurs propres connaissances. On a trop souvent félicité les élèves lorsqu’ils réussissaient à faire quelque chose de nouveau avec un appareil technologique. Les parents s’étonnent lorsque leur enfant leur montre quelque chose et en concluent immédiatement que ce dernier doit être un surdoué des technologies. Mes parents ont fait de même avec moi (et d’ailleurs ils se plaisent à raconter cette anecdote encore et encore à toute la famille, mais bon… on s’éloigne un peu) : quand j’étais en maternelle, j’ai réussi à programmer le lecteur VHS afin qu’il enregistre mon émission préférée. Pour mes parents, c’était grandiose, mais avouons que j’étais loin d’être le Mozart du VHS…
On gonfle peut-être trop (ou mal?) la confiance de nos élèves avec la technologie et cela les porte à croire qu’ils connaissent tout… et surtout qu’ils connaîtront tout. Remarquons aussi que les technologies sont toujours changeantes et que les apprentissages que l’on fait doivent être en constante évolution : dans ce domaine, on est loin de l’apprentissage du théorème de Pythagore : ce dernier se fera encore de la même façon dans 20 ans! Par contre, l’utilisation d’un ordinateur aura forcément changé. Si on n’enseigne pas à nos élèves à apprendre à apprendre par eux-mêmes, je crois qu’on crée un glissement cognitif.

Aller plus loin – les défis de l’avenir en enseignement des technologies

À l’avenir, je crois que les principales pistes à observer dans le domaine de l’enseignement à l’aide des technologies de l’information et des communications seront celles du développement d’un bon jugement critique. Celui qui permettra aux élèves d’évaluer la pertinence d’une source provenant du web et celui qui leur permettra de comprendre la nature du plagiat et de ses conséquences, à titre d’exemple…